La Sélection

Titre original : The Selection
Auteur : Kiera Cass
Saga : The Selection
Rang dans la saga : N° 1
Editeur : Robert Laffont
Date de parution : jeudi 12 avril 2012
Public : Adolescents
Genre : Dystopie
Note de la rédaction :
Note des internautes :

4° de couverture

Elles sont trente-cinq jeunes filles : la "Sélection" s'annonce comme l'opportunité de leur vie. L'unique chance pour elles de troquer un destin misérable contre un monde de paillettes. L'unique occasion d'habiter dans un palais et de conquérir le cœur du prince Maxon, l'héritier du trône. Mais pour America Singer, cette sélection relève plutôt du cauchemar. Cela signifie renoncer à son amour interdit avec Aspen, un soldat de la caste inférieure. Quitter sa famille. Entrer dans une compétition sans merci. Vivre jour et nuit sous l'oeil des caméras... Puis America rencontre le Prince. Et tous les plans qu'elle avait échafaudés s'en trouvent bouleversés...

Notre avis

L'avis de Chani : 4/5

Club de lecture de V&SLes États-Unis ont été vaincus par la Chine il y a 300 ans de cela, et de leurs cendres est née Illéa, une monarchie aux contours flous, où la population est répartie par « grades », chacun étant spécialisé dans une activité bien ciblée. Le prince Maxon, héritier du trône, fait venir 35 jeunes filles dans son palais, et il devra trouver parmi elles la future reine, le tout sous l’œil des caméras. Une émission télévisée retracera, par l’intermédiaire du petit écran, sa quête aux habitants du royaume. America Singer, de grade cinq, propose sa candidature avec pour seule motivation la rémunération octroyée à sa famille en échange de son absence. Elle doit aussi renoncer à Aspen, un grade six, qu’elle aime en dépit de tout.

Prenez le concept du Bachelor, l’organisation de la société de Hunger Games et l’enfermement des prétendantes de Éphémère, et voilà en substance la trame de La sélection. Par contre, rassurez-vous, les prétendantes ne doivent pas s’entretuer, et ne mourront pas à l’âge de vingt ans.
Le lecteur va faire la connaissance d’America, et la suivre dans ses péripéties à la cour du prince Maxon. Adieu les privations, bonjour les repas copieux et les jolies robes, les premiers étant bien davantage appréciés que les secondes ! Et puis, comme America est un peu rebelle, elle va se démarquer par son caractère, au milieu de toutes les jolies poupées lisses avec qui elle est en concurrence. Mais tout n’est pas simple, la monarchie est en danger, et des renégats menacent la famille royale.

Alors, je plaide coupable. Oui c’est un mélange de ce qui se fait de mieux en ce moment, honteusement copié. Oui, les personnages sont stéréotypés et l’intrigue cousue de fil blanc. Oui, c’est bourré d’incohérences et de facilités. Mais pourtant, contre toute attente, j’ai bien aimé. Parce que justement, j’attendais que ça tourne au vinaigre, et en fait c’est sucré de bout en bout. Parce que j’ai passé un bon moment, sans me prendre la tête. Parce que finalement c’est un genre que je lis peu, et du coup j’ai trouvé ce roman rafraîchissant. Alors, certes, ce n’est pas de la grande littérature, mais un excellent livre pop-corn qu’on dévore entre deux lectures plus complexes. Et j’ai même pas honte.

 

L'avis de Siana : 1.5/5

Club de lecture de V&SLa Sélection est une dystopie pour ados tout ce qu’il y a de plus basique. Ce récit ne nous épargne donc aucun poncif du genre : héroïne pauvre qui ne demande rien à personne et va se retrouver malgré elle en ligne de mire, triangle amoureux sans intérêt… C’est une histoire d’une superficialité exemplaire, enrobée de plein de bons sentiments.

Dans une société où seule compte la position sociale, une jeune fille que rien, à part son prénom (America. Fallait oser quand même… Subtilité quand tu nous tiens…) ne prédisposait à faire changer les choses va néanmoins s’y essayer. Dans le monde d’America, les gens ne peuvent choisir leur métier que dans les limites de leur caste de naissance (cherchez une logique là-dedans… Moi je n’en trouve pas. Qu’est-ce que le gouvernement gagne là-dedans ? Parce que oui une dystopie est une société empêchant le peuple d’accéder au bonheur, blablabla, mais faut quand même une logique aux actes des dirigeants…). De 1 à 8, de l’élite aux mendiants, les castes régissent la destinée de leurs membres et on n’en change pas à moins de se marier avec quelqu’un appartenant à la caste au-dessus (visiblement ce sont les femmes qui adoptent la caste de leur époux, l’inverse est impossible) ou de parvenir à économiser pour s’acheter un titre. Autant le dire, ça n’est pas gagné…

Enfin bref… America est une 5, donc une artiste. Sous-payés, ne servant pas à grand-chose et déconsidérés, ils n’ont pas la vie facile, aussi quand le prince Maxon, unique héritier du royaume, se cherche une épouse, la mère d’America voit là une bonne occasion de sortir sa famille de la misérable condition dans laquelle elle est embourbée.

Eh oui, ça se passe comme ça chez les aristos du coin, on marie les filles avec des dirigeants étrangers, mais pour les garçons on fait rêver les cendrillons du peuple en organisant un joli concours télévisé… Concours de beauté et télé-réalité, tout ce que je déteste. Ça ne m’emballait pas de voir des nanas se crêper le chignon et encore moins avec le côté télé-réalité, mais tant qu’à devoir se le farcir autant que ce soit bien. Or, dans ce roman c’est un pétard mouillé. L’idée n’étant pas le moins du monde exploitée, on peut même se demander à quoi il sert de l’avoir eue. A part, bien sûr, si l’on considère qu’il fallait une excuse pour qu’America séjourne au palais et que nous puissions la voir enchaîner toutes les scènes les plus mignonnes possibles avec le charmant prince Maxon…

Et là j’ouvre une autre parenthèse prénoms… Maxon, sérieusement ? Je n’ai pu m’empêcher de songer à un klaxon à chaque fois que je lisais son nom… Et c’est encore pire avec son père : Clarkson… Sans compter les candidates aux noms délicats comme Sosie ou encore Bariel (peut-être la contraction de baril d’ariel ?) Ils n’ont pas de grandes inventions technologiques dans ce monde dystopique, mais ils ont mis toute leur créativité dans les prénoms… Fin de la parenthèse.

Que vous dire de plus ? L’histoire d’amour, si on peut l’appeler ainsi, est mignonne, c’est vrai, et je suis à peine sarcastique en écrivant cela, mais elle l’est surtout quand on a douze ans… A côté de ça l’univers dystopique est peu développé, même si on entrevoit des choses que l’auteur garde pour la suite. Les personnages secondaires sont fantomatiques et caricaturaux, America et Maxon étant eux-mêmes peu développés, j’ai surtout eu l’impression d’une succession de scènes mises bout à bout.

Le style est plutôt médiocre d’ailleurs, lapidaire, parfois même un peu décousu et haché. La narration à la première personne est typique de ce genre d’ouvrage, mais si America peut être un minimum sympathique, ce n’est pas non plus un personnage très attachant. Elle passe son temps à pleurnicher dans sa chambre et n’en sort que pour se rendre compte à quel point Maxon est gentil et bien éduqué comparé à son rustre d’ex petit ami qu’on n’arrive néanmoins pas à virer du décor…

J’avoue que je n’en peux plus de cette mode de la dystopie YA. Ouais, des personnages de leur âge qui se rebellent contre leur société parlent sûrement aux ados… Mais ça devient tellement répétitif à force…

Dans le cas présent, la dystopie n’est qu’une vague fond colorant une intrigue amoureuse, avec le sempiternel triangle amoureux réglementaire. Peut-être l’auteur garde-t-elle quelques révélations pour la suite. C’est qu’il faut bien faire un peu de remplissage quand on décide d’étirer sur trois livres ce qui serait facilement torché en un seul…

Bref, cette histoire, comme tant d’autres, manque sérieusement d’envergure. Et c’est dommage, parce que même sans en faire un très grand texte du genre, il y avait matière à créer quelque chose de beaucoup mieux.

Estelle Le mardi 9 juillet 2013 à 1:12
J'ai gagné ce livre lors d'un concours. Honnêtement, je ne l'aurai jamais acheté, je suis plus urban fantasy que dystopie. Alors oui, j'ai été surprise de constater que je n'arrivais plus à lâcher le livre. Et ausi quand j'ai commandé la suite, juste après avoir refermé celui-ci. Je pense que c'est un livre qui plait beaucoup aux adolescent(e)s... et aux adultes qui le sont restés. Oui, c'est sûr, il ne s'y passe pas grand chose, quand on regarde bien. Mais quelle importance, quand les pages se tournent toutes seules?
Chani Le mardi 9 juillet 2013 à 1:12
Tout à fait, parfois il faut garder une âme d'ado ^^

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