Le Miroir obscur, une histoire du cinéma des vampi

Editeur : Rouge profond
Date de parution : jeudi 14 novembre 2013
Public : Adultes
Genre : Guide / Encyclopédie

4° de couverture

« Parler du cinéma, c’est toujours parler de moi, le vampire. »
Dès ses origines, toutes les conditions étaient réunies pour faire du cinéma l’art privilégié des vampires : une salle plongée dans la nuit éternelle, le faisceau hypnotique du projecteur et, sur l’écran, ces ombres imitant l’apparence de la vie. De façon idéale, le vampire devint la créature expérimentale du cinéma, lui permettant d’éprouver ses limites : retournant l’image en son négatif, en épuisant le noir et blanc, faisant jaillir sa couleur (le rouge, la couleur par excellence), la plongeant dans des extases psychédéliques… Le pouvoir de fascination prêté aux stars, nul mieux que le vampire ne l’incarna, peuplant un Hollywood spectral d’amants ténébreux et de séductrices d’outre-tombe. Ce livre invite à découvrir une autre histoire du cinéma. Nosferatu, Vampyr, Dracula, Les Prédateurs, The Addiction, Morse, Twixt… en sont les étapes, et Max Schreck, Nicolas de Gunzburg, Bela Lugosi, Christopher Lee, Andy Warhol, ou encore David Bowie, les héros.

Plonger dans cette histoire secrète est comme regarder à travers un miroir obscur où le vampire n’en finit pas de multiplier ses reflets.

Notre avis

L'avis d'Oskarya 4/5

Dès qu’il s’agit de vampires, j’ai les sens en éveil, que ce soit dans la littérature ou au cinéma, les vampires m’attirent. C’est donc naturellement que ce livre est arrivé dans ma bibliothèque : « Le miroir obscur, une histoire du cinéma des vampires » de Stéphane du Mesnildot qui écrit pour les cahiers du cinéma. Il se lit d’une traite, sûrement parce que son auteur est un passionné et quand il s’agit de parler vampires il vaut mieux être un mordu du style pour subjuguer son public.

Ce n’est pas un roman, mais une rétrospective sur les films de vampires, n'y cherchez pas « Twilight » ou autre histoire pour ados, on y parle de films d’auteur souvent oubliés et parfois même connus uniquement de quelques initiés. Ici, il est question de poésie morbide et sanglante teintée d'érotisme.

Certains films cités sont de « vrais » films de vampires, comme le « Nosferatu » de Murnau ou les « Prédateurs » de Tony Scott, d'autres sont juste des allégories, pour certains films je pense même que seul l'auteur du livre voit le rapport entre ce que le cinéaste a voulu faire et les vampires, mais pourquoi pas ? On est vite happé par les histoires de ces films qui ont la particularité de nous mener sur les chemins peu battus de ce que la fascination de ce mythe universel a pu faire faire d'un point de vue artistique, car il ne s'agit pas que de cinéma : Il s’agit d’art, du septième art pour être précis.

Le livre est intéressant mais reste enfermé dans une vision culturelle assez réduite tout de même (les vampires dans la littérature ce n'est pas que Stoker et Le Fanu, les deux seuls exemples littéraires utilisés par l’auteur) et les amateurs de bit lit peuvent passer leur chemin, sauf si la curiosité les pousse à accepter de voir le vampire autrement qu'en un Edward désespérément romantique et brillant au soleil.

Ce qui me plaît le plus dans ce livre c’est qu’il commence, non pas par le « Nosferatu » de Murnau comme la logique historique et chronologique le voudrait, mais par un bel hommage au plus grand des films de vampires (enfin à mon sens) : le « Dracula » de Coppola, et que dans une ronde sanglante et sensuelle il se termine par le magnifique (toujours à mon sens) film du même Coppola: « Twixt ». Film dont l’onirisme sombre et morbide m’a plu et transportée.

Mes regrets : l’impasse sur certains films, tel que « Le bal des vampires » de Polanski, ou encore « Embrasse-moi vampire » de Robert Bierman qui ne sont même pas cités. « Entretien avec un vampire », « Morse » et son non moins excellent remake américain « Laisse-moi entrer », sont tout juste effleurés, dommage car ces films ont ouvert quelque chose dans le monde du cinéma vampirique. Il me semble qu’ils auraient eu leur place dans ce livre, mais le cinéma des vampires est si riche qu’il semble impossible de parler de tous sans en oublier. Faire un choix sur les films traités n’a pas dû être si simple pour un auteur aussi passionné.

Le petit plus que j’ai particulièrement apprécié : l'introduction et la conclusion donnent la parole au vampire lui-même, j’en ferai donc de même.

« Sachez-le, jamais je n'aurais pu entrer dans vos rêves sans y avoir été invité. Plus encore que votre sang, je tire ma force de la passion que je vous inspire. Car tel est mon autre nom, à moi vampire, en une rime écarlate : le désir. »

« Et même si les techniques qui ont aidé à mes renaissances venaient à disparaître, je serais toujours là, moi le vampire. Mon histoire n'a pas de fin. »

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