Test de la Cybook Muse
Rédigé par : Siana

Je ne suis pas une pro des liseuses, je n’ai pas essayé un nombre incalculable de modèles et je ne me permettrai de toute façon pas de juger si je n’ai pas eu quelques temps ledit modèle entre les mains. Je ne parlerai donc que de ceux que je connais. Ceci dit, j’utilise les miennes quotidiennement, l’une depuis plus de trois ans (une Sony PRS-T1), l’autre depuis quatre mois (la Cybook Muse dont il est question dans cet article). J’ai donc un regard de lectrice et non de testeuse, cela fait, à mon sens, une différence.
En outre, nous avons tous des attentes diverses en acquérant une liseuse, la mienne est principalement de me faciliter la vie, certaines choses ont donc pour moi plus d’importance que d’autres.

 


Apparence générale
La Cybook Muse est une petite liseuse à l’écran 6 pouces plus compacte que ses congénères, cela est dû à ses bordures très réduites. Elle est fine et légère. Son écran est plus clair que celui de ma Sony, ce qui démontre qu’il y a eu du progrès en la matière, mais si je n’avais pas comparé, je crois que je ne l’aurais pas remarqué.
Globalement, son design est sobre. Je me fichais royalement qu’elle soit « bord à bord », mais au final ça me plaît bien, d’autant qu’elle est mate et que cela évite doublement les reflets.
Par contre, l’arrière de la liseuse est composé d’un plastique qui marque très vite. Si on la dote d’une couverture de protection on n’en voit que le haut, mais ce n’est pas élégant…

Elle est dotée de 4 boutons :
- Celui de l’allumage, disposé en dessous. Il fait également office de reset (plus besoin de chercher un trombone !), mais ne permet pas d’éteindre la liseuse. Pour cela, il faut farfouiller dans le menu, ce qui est complètement stupide.
- Le bouton du menu, en façade, sur le bord extérieur du bas de la liseuse.
- Les boutons servant à tourner les pages, respectivement sur les bords extérieurs droit et gauche, eux aussi en façade.

Je voulais des boutons pour tourner les pages, mais ceux-ci ne sont pas si pratiques que ça. Sur ma Sony, les deux boutons sont disposés côte à côte sur le côté gauche, ce qui me permet de tenir la liseuse par ce coin sans perdre en confort et de vite tourner les pages tout en pouvant facilement revenir en arrière.
La Muse est étudiée pour tenir dans la main, mais à cause de la couverture qui rajoute de la largeur, je ne peux la garder dans ma paume et la tenir côté bouton droit est particulièrement inconfortable. Cela pourrait être problématique pour les gauchers (je suis droitière, mais ai pris l’habitude de tenir la liseuse de la main gauche), cependant ils ont l’avantage pouvoir inverser les flèches directionnelles. L’inversion se met en place via le menu d’accueil et n’affecte que les boutons.
Sur la Sony, l’inversion existe, mais pour le tactile.
Ce qui était pratique pour la Sony, liseuse sur laquelle on doit faire glisser les pages en mode tactile, ne l’est pas pour la Cybook Muse. Une simple pression du doigt à gauche ou à droit de l’écran suffit sur celle-ci pour tourner une page. C’est le système que j’utilise le plus, avec mes flèches inversées en complément, et ça me va parfaitement, d’autant que je juge les boutons un peu fragiles (le droit déconne déjà et c’est celui que j’utilise le moins).
À noter que quand on tourne les pages grâce à la pression du doigt ou aux boutons, il n’y a pas de flash noir, mais il est présent si vous les faites glisser.

Apparence de la page d’accueil
Outre l’indication de niveau de batterie et de connexion en haut à droit, elle se découpe en trois zones :
- Le dernier livre ouvert :
Vignette de couverture à gauche, titre et auteur à droite avec indication sur l’avancée de la lecture.
- Les livres en cours ou terminés :
Les 4 derniers, plus la possibilité de faire défiler toute la liste. Ils sont désignés par leurs vignettes de couverture. On peut aussi atteindre la bibliothèque en cliquant sur « tout voir » à droite.
- Le lien vers l’ebook store :
Depuis la mise à jour on a une belle pub pour le dernier livre de Guillaume Musso et personnellement je m’en passerais bien…
Pour mettre à jour votre liseuse, il faudra utiliser la WI-FI (les fichiers seront censément disponibles plus tard sur le net pour une installation via câble usb). Une fois la liseuse connectée, vous passerez par votre écran d’accueil et le lien « naviguer » qui se trouve à la droite de l’ebook store.

Quelques considérations pratiques générales

Navigation
L’interface générale est moins pratique que celle de ma vieille Sony, les menus ne sont pas assez instinctifs et demandent plus de manipulations (trois au lieu d’une seule en moyenne), à part pour ce qui est de la bibliothèque qui est globalement plus agréable. Elle permet d’avoir à la fois une liste compacte comprenant titre, auteur, avancement de la lecture et miniature de couverture. Cependant, on ne peut pas choisir un numéro de page au hasard pour explorer la liste (en même temps, je crois qu’il n’y a que moi qui trouve ça dommage, la fonction recherche est efficace).
Sur la Sony, on peut faire des catégories pour indexer les ouvrages. Cela fonctionne comme un système d’étiquettes. Sur la Muse on crée des dossiers, depuis l’ordi ou directement depuis la liseuse, et également des étiquettes. Au final, c’est un peu pareil, mais je préfère le système de la Muse qui est plus simple.
Les livres terminés sont automatiquement étiquetés comme tels.

Zoom et lecture de PDF
On peut zoomer par multipoints en cours de lecture, mais c’est mal fichu. Sur ma PRS-T1, il y a un rappel du positionnement en bas de page, c’est bien pratique. Sur la Muse on ne sait même pas si on est revenu au réglage de police d’origine…
Il est possible de régler le zoom plus précisément depuis le menu, mais sans rappel du positionnement sur la page et le fait qu’il est très fastidieux de la bouger pour la parcourir, cela n’a pas d’intérêt.
La liseuse est dotée d’une fonction permettant de réagencer les PDF pour mieux les lire, mais sans un zoom pratique à l’usage cela n’a pas de sens.
On peut par contre tourner la page dans le sens qu’on veut sans avoir besoin de passer par le menu, comme sur une tablette.

En cours de lecture
Un appui au milieu de l’écran fait apparaître le menu.
Un appui en bas de l’écran permet de se déplacer dans le livre.
Les numéros de pages ne sont pas indiqués dans les tables des matières. Ça peut paraitre anodin, mais j’aime savoir si j’ai le temps de finir mon chapitre ou s’il vaut mieux que j’arrête ma lecture.

Prise de notes et compagnie

On ne peut pas prendre de notes au stylet (moi je m’en fiche, mais ce n’est pas le cas de tout le monde), il faut utiliser le clavier.
La prise de note ne sert de toute façon pas à grand-chose étant donné que je n’ai toujours pas trouvé comment pouvoir lire ma note en entier (si elle excède une ligne), à moins de la lire dans le mode correction, ce qui n’est évidemment pas très pratique.
Conclusion : achetez-vous un dictaphone…

Le surlignage de texte fonctionne en dépit de tout bon sens, c’est vraiment le point sur lequel je vois la supériorité de ma PRS-T1.
Je vous explique, sur la Sony un appui long sur un mot vous donne accès à plusieurs options : la recherche d’autres occurrences, le surlignage, la prise de notes et on peut étendre la sélection autour de ce mot. On peut aussi sélectionner toute une phrase simplement par appui long.
Sur la Muse, il semble impossible de surligner directement avec précision un morceau de texte, peu importe sa taille. Le surlignage se fait par application des doigts à chaque extrémité du texte et ça marche une fois sur trois…
Pour plus de précision ou simplement pour surligner un seul mot, il vous faudra passer par le menu de gestion des annotations, ce qui demande plus de manipulations.
Autant dire que si vous avez besoin de surligner du texte assez régulièrement, vous allez avoir un souci…
Sinon, pour retrouver les notes ça va, bien que cela soit nettement mieux géré sur ma Sony.

Mise en page
Cela est pour moi le bonheur absolu et exactement ce que j’attends d’une liseuse car j’ai des problèmes de vue : sur la Cybook Muse vous faites ce que vous voulez de votre texte et l’interface de paramétrages est très pratique. On peut quasiment tout faire depuis la même page du menu.
On peut changer la police, en ajouter d’autres (même si Caecilia, développée par Bookin exprès pour les liseuses est vraiment très bien), choisir les interlignes, les marges, augmenter le contraste en mettant le texte en gras, faire du texte blanc sur page noire, orienter la page comme on veut sans avoir à passer par le menu, enlever les en-têtes ou les numéros de pages…
Par contre, et c’est un problème pour moi, on a les mêmes paramètres pour chaque livre ouvert.
Sur ma Sony, j’avais choisi mes paramètres par défaut, appliqués à chaque nouvel epub, mais si je décidais de les changer pour l’un d’entre eux, ça n’affectait pas les autres.
Ça semble de l’ordre du détail ? Pas si sûr quand vous tombez sur un epub à la police qui, de base, est minuscule… Si vous ouvrez un autre livre, vous ne vous trouverez plus à la page que vous aviez laissée.
Ceci dit, je suis vraiment très, très contente du confort de lecture que j’ai sur la Muse qui dépasse de loin celui de la PRS-T1.

L’éclairage frontal
(qui n’a rien à voir avec le rétro-éclairage d’une tablette)
C’était une des raisons, toujours à cause de ma vue, qui m’ont fait opter pour un modèle récent, parce que je reste très contente de ma PRS-T1, même si elle est moins souple en ce qui concerne la mise en page.
Je dois dire que je ne suis pas déçue.
L’écran de la Cybook Muse est déjà plus clair que celui de ma PRS-T1, mais avec la frontlight j’ai vraiment l’impression d’avoir une page blanche et l’intensité est en général réglée au plus bas. Elle ne blesse pas mes yeux pourtant très photosensibles.
L’éclairage est excellent, facile à modifier selon les besoins et surtout très uniforme.
On ne voit les diodes que très légèrement sur la ligne du fond, assorties d’une barre sombre au-dessus mais qui ne gêne pas car elle ne se trouve pas dans la zone de lecture. Même si vous enlevez les numéros de pages, le texte n’arrivera pas dans cette zone, contrairement à la zone du haut où, si vous enlevez l’en-tête, le texte remontera.

Les dictionnaires
Utiles ou non selon les gens, pour moi ils le sont.
Le gestionnaire est bien pratique, vous pouvez décocher ceux dont vous n’avez pas besoin et mettre les autres dans l’ordre de vos préférences.
Par contre le choix est pour l’instant restreint. Vous avez quatre dictionnaires unilingues : français (le Nouveau Littré, qui est un excellent choix), allemand, italien et anglais, puis un dictionnaire anglais-français depuis la dernière mise à jour.
J’aurais quand même préféré avoir plus de dictionnaires, multilingues autant qu’unilingues. Pour une liseuse qui offre dans le pack des livres dans plusieurs langues, ça fait un peu tache.
Qui plus est, rechercher la signification d’un mot vous demandera beaucoup trop de manipulations…

Autonomie
La charge me fait entre trois semaines et un mois, avec la frontlight réglée presque tout le temps au plus bas et la liseuse toujours en veille quand je ne lis pas car l’éteindre est peu pratique. C’est plutôt correct en sachant que je l’utilise quotidiennement.

Capacité
On nous promet 4Go qui en sont 2,64. C’est le jeu, ma pov’ Lucette, on connaît la chanson, il faut de la place pour le firmware (et le service client m’a quand même dit qu’il en fallait aussi pour les dicos… La bonne blague, il y en a plus d’une dizaine sur ma Sony et elle fait quasiment ses 2Go annoncés). Honnêtement, 2Go d’espace sont amplement suffisants pour une liseuse, mais c’est pour le principe, là je trouve qu’il est abusif d’en annoncer 4.

La Muse est un peu lente au démarrage, (la Sony se ralentit au fur et à mesure que l’on ajoute des livres, mais j’en ai plus dessus et elle reste malgré tout plus rapide,) du coup je laisse la Muse en veille. Elle s’éteint toute seule au bout d’un certain temps, mais comme je l’utilise souvent, ce n’est arrivé qu’une fois.

La couverture
(qui est évidemment vendue à part, au prix de 29€90)
Sachant combien il est important d’avoir une couverture de protection pour une liseuse, j’ai opté pour celle du fabricant qui s’est révélée extrêmement décevante.
Elle est chère et cheap. La façon dont elle est conçue fait qu’elle alourdit considérablement la liseuse et l’épaissit beaucoup plus sur le bas. Elle est très difficile à placer, j’ai eu peur de casser la liseuse tant il faut forcer et je ne me risquerai pas à l’enlever…
La « reliure » n’est pas assez rigide et la protection bouge donc quand la couverture est refermée.
Et puis, disons-le, elle est aussi moche que de piètre qualité. La mienne est noire, je n’imagine même pas à quel point les versions colorées doivent être hideuses.
Donc, si vous choisissez ce modèle de liseuse, je vous encourage soit à lui acheter une pochette, soit à chercher chez d’autres fabricants un modèle qui peut convenir (c’est un peu compliqué pour une Cybook Muse qui est plus compacte que ses congénères).

Globalement :
Ma PRS-T1 a une certaine classe et je ne m’en séparerai pour rien au monde. Si Sony avait persisté dans la confection de liseuses (un peu plus intelligemment que pour les deux modèles qui ont suivi le mien), je pense que j’aurais opté pour un de leurs modèles. Ma PRS-T1 est solide et pratique pour le travail. Bien qu’elle soit plus grande, moins adaptable et sans frontlight, elle a des avantages que n’a pas la Muse. Néanmoins, cette dernière est un très bon modèle quand même, pas trop cher vu la gamme de prix actuelle, plutôt pratique. À part quelques petits cafouillages, comme en ce qui concerne le manque d’intuitivité des menus, elle est parfaitement adaptée à mes besoins qui sont de pouvoir lire sans trop souffrir de mes problèmes de vue.
C’est une liseuse faite pour lire (logique me direz-vous), mais pour la lecture de loisir principalement, pas pour les études ou le travail. Ce n’est pas un modèle idéal pour les plus exigeants d’entre nous, mais si ce que vous attendez d’elle est la mobilité, l’ergonomie et un bon confort de lecture, ça devrait le faire.

Laplumeoulavie Le mardi 21 avril 2015 à 3:42
Chaque liseuse paraît donc avoir ses qualités et ses défauts. J'ai eu pour ma part les premières kobo puis la Nolimbook + de carrefour. Les petites applications étaient sympa sur la kobo, mais au moins la nolim est en état de marche ! :) Chouette idée que cet article en tout cas. J'ai une petite question : pourquoi deux liseuses ? :)
Siana Le mardi 21 avril 2015 à 3:42
C'est vrai, toute liseuse a ses avantages et inconvénients, c'est pour cela que j'insiste sur le fait de bien définir les attentes que l'on a avant d'en acquérir une, sinon on pourrait très mal choisir. En ce qui concerne les Kobo, j'ai l'impression que les avis sont toujours très tranchés. Soit la liseuse fonctionne très bien et la personne en est ravie, soit elle est pleine de bugs. C'est tout de même curieux que la qualité soit si aléatoire. Pour répondre à ta question : il n'est pas utile d'avoir deux liseuses, cela est évident. Si j'en ai voulu une nouvelle, c'est à cause de ma vue. J'ai choisi la Muse parce qu'elle est particulièrement souple en ce qui concerne la mise en page et cela fait pour moi une grande différence à l'usage. J'aurais pu vendre ou donner ma Sony, mais j'y suis attachée et surtout elle me semble moins fragile (c'est la magie des "vieux" modèles). Je préfère donc la garder. Je l'utilise pour les lectures qui nécessitent des prises de notes ou les ouvrages en langues étrangères. Mais j'admets que c'est la Muse qui m'accompagne tout le temps maintenant.

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